Le développement naturel du bébé

A la naissance, le cerveau du bébé est immature. Toutes les aires de son cerveau sont en place mais ne sont pas encore bien connectées et donc pleinement fonctionnelles.

Les stimulations sensorielles (principalement vestibulaires, tactiles et proprioceptives) et les mouvements réflexes du corps (réflexes archaïques) sont indispensables pour assurer le développement du système nerveux. Ils permettent la création de connexions neuronales et la myélinisation des fibres nerveuses.

Le Dr Blomberg explique que le bébé obtient les stimulations sensorielles dont il a besoin lorsqu’il est touché et bercé par ses parents et lorsqu’il fait spontanément et de manière répétitive des mouvements rythmiques.

Les réflexes archaïques

A la naissance, lors de l’examen du nouveau-né, les parents sont témoins des compétences innées de leur enfant. Ils peuvent observer ce que l’on appelle : les réflexes archaïques ou primitifs.

Ce sont les mouvements automatiques involontaires que fait le nouveau-né en réponse à des stimuli spécifiques : grasping, marche automatique, succion…

Les réflexes archaïques sont essentiels à la survie et à la protection du nouveau-né. Ils sont le signe d’un bon développement du système nerveux et du tonus musculaire du bébé.

Certains de ces réflexes apparaissent pendant la grossesse, d’autres lors de l’accouchement et quelques-uns dans les semaines qui suivent la naissance. Ensuite, ils se développent puis s’intègrent au schéma neuro-sensori-moteur du corps afin de devenir la base de la motricité volontaire (jusqu’à l’âge de 3 ans pour certains réflexes).

Il est important de comprendre que les réflexes primitifs, même s’ils ne sont plus visibles, ne disparaissent pas. Ils sont comme dans un état « dormant » et peuvent se réveiller à tout moment pour nous protéger en cas de danger. Plus les réflexes sont matures, c’est à dire bien intégrés au système nerveux, plus l’enfant ou l’adulte peut réagir efficacement en situation de stress ou de danger. Il ressent ainsi un état de sécurité intérieure. Il peut utiliser pleinement son potentiel.

Que se passe-t-il lorsque les réflexes ne se sont pas développés ou ne se sont pas intégrés correctement ?

Lorsque certains réflexes ne se développent pas, l’enfant manque de tonus musculaire ce qui retarde son développement moteur et a par conséquent une incidence sur son développement cognitif (langage…) et émotionnel.

Lorsque les réflexes ne s’intègrent pas correctement au système nerveux, on peut observer des répercussions plus ou moins importantes au niveau des sphères motrices, émotionnelles et cognitives.

Ces enfants peuvent présenter :

  • un manque de coordination
  • un équilibre faible
  • une hypotonie
  • des problèmes posturaux
  • une marche sur la pointe des pieds
  • une faible latéralisation
  • des difficultés d’apprentissage
  • des difficultés dans les activités de motricité fine (tenue du crayon, écriture…)
  • des difficultés d’attention, de concentration, de mémorisation
  • un retard du langage, des troubles du langage (bégaiement…)
  • un besoin « excessif » d’auto-stimulation orale (suce encore son pouce, mâche son crayon…)
  • une fragilité et instabilité émotionnelle, une timidité excessive, des peurs, un isolement
  • des difficultés à se repérer dans le temps et l’espace
  • une hypersensibilité auditive
  • une hypersensibilité vestibulaire
  • de l’hyperactivité… 

Comment ces méthodes fonctionnent-elles ? 

Le Rhythmic Movement Training (RMT) du Dr Harald Blomberg, psychiatre s’appuie sur les mouvements spontanés rythmiques que font les bébés, car c’est par la répétition de ces mouvements que la maturation du cerveau et l’intégration des réflexes primitifs sont rendues possibles.

La méthode de Svetlana Masgutova consiste à rééduquer le système nerveux en lui apprenant la réponse motrice appropriée face à une stimulation sensorielle spécifique. L’objectif est de faciliter l’apparition, la maturation et le processus d’intégration des réflexes primitifs.

Concrètement, le thérapeute montre au corps le mouvement qu’il devrait faire en réponse à une stimulation sensorielle (tactile, auditive, visuelle…). Progressivement, l’enfant deviendra actif en initiant le mouvement grâce à la technique des pressions isométriques.

L’intégration tactile est également très utilisée en thérapie car le toucher a de nombreux bienfaits :

  • il relaxe les réflexes de défense permettant ainsi d’accéder à une plus grande sécurité intérieure
  • il optimise le fonctionnement du cerveau
  • il renforce l’intégration du système neuro-sensori-moteur
  • il améliore la conscience corporelle
  • il optimise l’intégration des réflexes
  • il stimule l’apprentissage et le développement

A qui s’adressent ces méthodes ?

A tous les enfants dès leur plus jeune âge (et aux adultes également !) !

Il est effectivement possible d’intervenir auprès des bébés. C’est même recommandé lorsque vous avez des inquiétudes au sujet du développement de votre enfant !

En effet, l’immaturité neurologique du bébé facilite le processus de rééducation de son système nerveux. Quelques séances peuvent suffire pour aider un très jeune enfant dans son développement.
En cas de prématurité, un accompagnement plus long sera sans doute nécessaire.

Pour quels défis ?


  • Autisme
  • Troubles du développement global (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité, dyspraxie, difficultés d’apprentissage…)
  • Retard du développement
  • Troubles psychologiques (troubles anxieux, phobies, traumatismes…)…

Pourquoi un tel champ d’application ?


Les méthodes d’intégration des réflexes primitifs ont pour objectif de rééduquer le cerveau pour en améliorer son fonctionnement. En fait, elles ne font que « réveiller » le potentiel inné de chacun !

Elles reposent sur des connaissances très précises du développement naturel du bébé. On sait aujourd’hui que la motricité primaire, réflexe, est la base de la motricité volontaire, et que meilleur est le développement moteur de l’enfant, meilleur sera son développement cognitif et émotionnel.

Par conséquent, lorsque les réflexes ne se sont pas développés ou intégrés correctement, divers troubles peuvent apparaître au niveau moteur, cognitif et émotionnel.